Amtoudi : agadir et peintures rupestres
Vendredi 27 avril Amtoudi
Comme prévu, nous sommes prêts vers 9 heures. Notre destination, l’agadir d’Aït Aguelouy, ancien grenier collectif fortifié destiné à l’entrepôt des richesses et à la protection des habitants en cas de menace. Mimi la Granvillaise qui se proclame grande marcheuse attaque la montée à un rythme élevé. Un quart d’heure plus tard, elle souffle fort et nous effectuons un arrêt-photos.

Elle écourte la pause et nous distance pendant que je discute avec son mari, vétérinaire en retraite dont la conversation m’intéresse. Au bout de 35 minutes, nous atteignons tous trois ensemble le sommet du piton.
La vallée vue de l'agadir
Un homme assez âgé, un peu à l’écart scrute l’horizon à travers d’anciennes jumelles en cuivre. Il nous laisse 5 bonnes minutes de répit puis s’approche, nous salue et nous emmène voir des gravures d’animaux sur la roche extérieure de l’agadir. Il s’agit du guide patenté de l’édifice prévenu dès la veille de notre visite par le gérant du camping.

Le guide nous attend patiemment
Il parle un français rudimentaire mais suffisant pour remplir sa fonction. S’ensuit le rituel d’ouverture de la porte d’entrée à l’aide de deux grosses clés ouvragées, l’une en bois l’autre en métal. Il faut bien plusieurs minutes de manipulation nécessaires ou simulées pour que le battant s’ouvre et qu’il nous laisse photographier les précieuses clés.

Les clés du domaine
Notre guide, tout de bleu vêtu, nous entraîne ensuite dans le réseau complexe des ruelles du fort, nous montrant au passage les greniers (75 pièces appartenant chacune à une famille) où subsistent des niches et des étagères destinées à séparer les diverses denrées, les pièces d’habitation aux entrées étroites, les très nombreuses ruches, multiples petites cases juxtaposées faites de pierres plates, les citernes destinées à recueillir l’eau de pluie amenée du sommet rocheux par des rigoles, une salle où est entreposé un bric-à-brac d’objets anciens et qui recèle dans sa paroi une petite ouverture circulaire de 7 ou 8 centimètre de diamètre bouchée par un couvercle en terre, sous laquelle on cachait les bijoux et le « flouss ».
Objets anciens

Pilons à poudre
D'anciennes ruches
Cet agadir est, dit-on, l’un des plus vastes et des mieux conservés au Maroc. Notre visite dure près d’une heure et on a tout le loisir d’admirer de tous côtés la vue plongeante sur l’oued, le village, les montagnes et les sentiers qui se perdent dans le lointain. L’un de ces derniers nous précise le guide conduit à Tafraoute. Ce n’est pas loin, 3 jours de marche seulement.
Nous remercions ce berbère sympathique et comme il ne nous demande rien de précis, nous lui donnons 50 Dh , ce qui semble le satisfaire totalement.

Le guide, ses cornes de gazelles et ses clés
A midi et demi, Gaby et moi sommes à l’auberge « ondiraitlesud » pour démarrer une lessive et nous attabler devant une excellente salade variée, suivie d’un tajine-chevreau aussi bien garni en viande qu’en légumes, puis d’une pomme et une orange chacun, le tout s’achevant par l’incontournable thé à la menthe.
Après ce repas qui appellerait une bonne sieste, nous allons étendre le linge sur la terrasse de l’auberge où nous viendrons le récupérer en fin de journée Entre-temps nous retournons au camping et comme il fait chaud, nous passons l’après-midi dans la salle du restaurant bien plus fraîche que le ccar, Gaby à lire et moi à « travailler » à l’ordinateur. Je montre mes photos au gérant. Il aimerait bien que je lui envoie quelques agrandissements. Si on revient l’an prochain, on lui en apportera, ce qui enrichira sa collection des clichés qu’on lui a donnés, qu’il a encadrés et bien mis en valeur dans son établissement.
Ce soir au menu : cuisine européenne, pommes de terre, œufs au plat.
Samedi 28 avril
Levés à 9 heures nous échangeons nos adresses avec les Granvillais qui se rendent à Sidi Ifni. Vers 10 heures 15, nous partons à pied avec notre guide Mohammed découvrir les sites de gravures rupestres situés entre 2 et 4 kilomètres du camping. Après un bon kilomètre de marche, passent les Granvillais en 4x4. Ils nous proposent de nous emmener près du site le plus lointain. Nous n’aurons qu’à effectuer le trajet du retour, en nous éloignant de la route pour atteindre chacun des trois sites. Mohamed nous emmène sans hésitation vers les rochers bordant l’oued qui recèlent des gravures.

Celles-ci représentent divers mammifères – éléphants, girafes, tigres, gazelles, buffles –, des autruches, quelques animaux marins plus difficiles à identifier et plus rarement des êtres humains.
Que broute la girafe ?

Sur un bloc énorme
Cette activité picturale qui date de 3 à 5000 ans témoigne du climat humide de l’époque.
Parmi les gravures un beau "coussin de belle-mère"
Nous prenons de nombreuses photos et rentrons peu avant 13 heures, après 6 bons kilomètres de marche sous la chaleur croissante. La salade composée prise dans une pièce fraîche de l’auberge est bienvenue. Il fait 30° dans le ccar et nous attendrons la fraîcheur du soir pour y retourner. Au dîner, nous nous ferons servir « chez nous » un couscous maison qui paraît-il est excellent et très copieux.
Au frais, à l'auberge du camping