Al Hoceima- Saïdia
Dimanche 8 avril
Nous quittons Al Hoceima en donnant un billet de 50 dirhams au gardien qui arbore un large sourire et nous souhaite un bon voyage. Pour 3 jours, électricité comprise ce n’est pas cher pour nous et c’est beaucoup pour lui.
La route de la côte qui mène à Saïdia nous paraît bonne après celles que nous avons connues.
Un point d'eau entre El Hoceima et Saïdia Au large, les îles Chafarines
Vingt Km avant d’arriver, nous bifurquons à gauche vers le « cap de l’eau », « Ras el ma », où le guide du routard signale un bon restaurant de fruits de mer. C‘est un village terminé par un petit port face aux îles Chafarines, situées à quelques km de la côte mais de territoire espagnol. Près du port se trouvent de nombreux restaurants dont la plupart offrent la particularité de proposer des plats de poisson au poids. Les clients choisissent parmi la variété de poissons et fruits de mer proposée les qualités et quantités qu’ils désirent et qui sont cuisinées pour 100 à 120 Dirhams le kg.

Le port de Ras el ma
Nous projetons d’y revenir le lendemain et parcourons la vingtaine de km qui nous séparent de Saïdia, ville sans caractère dont l’entrée présente des immensités d’immeubles en construction, tous semblables, destinés probablement aux Marocains résidant en Europe qui affectionnent le séjour estival à cet endroit. On se demande pourquoi : climat favorable ? Proximité de longues plages de sable ? Mais rien ici ne nous semble attrayant.
Depuis presque 100 km, nous avons remarqué au bord de la route des bidons en plastique bleu, vert ou jaune surmontés de grands entonnoirs qui renseignent sur leur contenu : du carburant de contrebande originaire d’Algérie, vendu sans aucune garantie de qualité, mais moitié prix. A notre surprise, nous ne trouverons aucune station-service ni à Saïdia, ni à 100 Km aux alentours, sauf Oujda. On nous dit que la dernière station réglementaire a dû fermer faute de clients car tout le monde s’approvisionne en « fraude légale »
En effet, bien que la frontière soit fermée, les Marocains échangent du carburant algérien contre des denrées alimentaires au vu et au su de tous, les autorités effectuant de temps en temps des contrôles sans grande conviction car ce trafic arrange tout le monde… N’empêche que Chibani, nos amis rencontrés les années précédentes se sont laissés prendre au dépourvu et ont dû faire un plein de gazole en « contrebande légale »
Arrivés au camping Amazone dont le portail est fermé en permanence (il faut sonner au portillon de droite nous a dit un policier) nous sommes accueillis par une jeune fille souriante qui paraît 15 ans mais doit en avoir 20 car elle m’a dit le lendemain qu’elle avait « seulement le bac » et qu’elle travaillait à temps plein dans ce camping. Elle me présente avec fierté les sanitaires bien entretenus et me précise 3 fois que l’eau est potable.
Lundi 9 avril
Le matin, notre ami Chibani nous appelle pour nous demander l’état de la route entre Al Hoceima et Saïdia car la piste du cap des pécheurs à Cala Iris lui a causé beaucoup de soucis. Nous le rassurons et lui conseillons de s’arrêter au cap de l’eau pour voir les restaurants et le port.
Nous faisons des courses au souk et flashons sur deux magnifiques tajines en poterie vernissée que nous caserons tant bien que mal dans le coffre, puis nous partons pour «Ras el ma » où après mûre réflexion nous décidons de manger au « restaurant du port » conseillé par le Routard. Copieuse friture de poisson pour Gaby, une bonne livre de crevettes grillées pour moi, après une salade marocaine. C’est succulent, accompagné de la bouteille de vin blanc que nous avons apportée avec l’autorisation du serveur car l’établissement ne sert pas de boissons alcoolisées. A la table voisine viennent s’installer 4 Marocains de France qui travaillent à Paris et sont en vacances. Ils nous confirment la qualité de ce restaurant où ils déjeunent souvent quand ils viennent occuper leur résidence secondaire de Saïdia.
Nous achevons à peine notre repas lorsqu’ arrivent les « Chibani » qui ont suivi notre conseil et voyant notre camping-car sont entrés pour déjeuner. Ils prennent les mêmes menus que nous et nous finissons par 4 thés à la menthe avant d’aller acheter un poisson frais sur le marché près du port et de rentrer ensemble au camping.
Le night-club voisin nous déverse sa musique puissante jusqu’à 2 heures du matin ce qui ne me dérange pas (je m’endormirai bien avant) mais provoque la colère d’un camping-cariste néerlandais qui le lendemain matin quittera le camping, scandalisé. La jeune fille du camping me demandera si nous partons pour les mêmes raisons et comme je lui réponds négativement, elle ajoute : « mais vous êtes musicien, je vous ai entendu hier soir (en effet je m’entraînais discrètement à la clarinette dans un grand espace inoccupé destiné aux tentes) ...
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