Tata -Amtoudi

Publié le par minervois

 

Mercredi 25 avril

Tata-Amtoudi (Id Aïssa sur la carte Michelin) par des chemins détournésroute-Tata-Amtoudi--1-.jpg

Nous nous levons tôt relativement à nos habitudes – 9 heures – d’une part pour éviter de circuler pendant les heures les plus chaudes de l’après-midi, d’autre part pour arriver assez tôt à Amtoudi où les guides touristiques aussi bien que le bouche à oreilles nous promettent des merveilles. Dès 10 heures, après les derniers achats au souk, nous sortons du camping et tournons à gauche pour emprunter la rue principale en direction opposée de notre arrivée. Dés la sortie de la ville, le paysage devient fascinant. La route bien asphaltée serpente, enchâssée dans la montagne striée par des plissements qui dessinent des formes changeantes très agréables à l’œil.

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    Bientôt sur la droite apparaît un oued où chemine un grand troupeau de dromadaires - plusieurs dizaines de bêtes- puis des chèvres. On traverse de petites oasis où les femmes sont vêtues de couleurs vives : bleu, rouge, jaune. La route y devient très étroite etnous avons le loisir d’admirer les maisons de pisé qui s’accrochent au flanc de la montagne. Nous sommes ravis et prenons des dizaines de photos. En plaisantant, je dis à Gaby : « A cette allure, on ne sera pas à Amtoudi à 14 heures ! »

Nous atteignons Tagmoute, grande et belle oasis où de loin se lit, écrit en pierres blanches et en lettres gigantesques sur le flanc de la montagne la devise marocaine « Allah, el Watan el Malik » (Dieu, la Nation, le Roi). Traversée lente du village et nombreuses photos. Nous sommes euphoriques.


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      Quelques kilomètres plus loin, la route devient piste ou plutôt route en construction. Des virages en épingle à cheveux suivis de montées raides avec un revêtement de pierres et de gravier. Je passe plusieurs fois de justesse en enclenchant la première et en patinant un peu. Je me mets à maudire le Routard qui parle d’une bonne route de Tata jusqu’à Guelmim. Il ferait mieux de venir actualiser ses informations ! Puis, dans un nouveau virage serré en montée, la couche de cailloux plus épaisse fait patiner les roues avant qui s’enfoncent. Nous voilà bloqués. Je recule deux, trois fois pour prendre de l’élan, sans résultat. On essaie d’égaliser le terrain avant de nouvelles tentatives, les roues patinent toujours au même passage.

      Puis arrive en face une camionnette Mercedes dont je bloque la descente. Six Marocains en sortent et se proposent de m’aider en poussant le camping-car et en me prodiguant des conseils. Il faut prendre à droite dit l’un, au milieu dit l’autre, à gauche prétend un troisième. Bref je persiste à essayer vers la droite où une roue adhère mieux.  

     Je recule, prends un bon élan, poussé par les 6 hommes et au milieu du virage, ça patine irrémédiablement. Le chauffeur du Mercedes me propose alors de prendre ma place au volant. Il a l’habitude des pistes. Je lui cède ma place. Il recule, nous sommes 7 maintenant à le pousser. Il enclenche la première, prend à peu près la même trajectoire que moi, parcourt quelques mètres de plus que ma précédente performance puis, le voilà planté. Il accélère, la roue avant gauche patine et le pneu se met à fumer dangereusement. Je lui crie d’arrêter. Il décide encore de reculer et amorce une nouvelle tentative. Je me trouve près de la portière du chauffeur et tout à coup la roue avant-gauche qui patine à nouveau projette violemment un grosse pierre qui me frappe au dessus du genou droit. Violente douleur, mais je reste calme et me recule en boitant. Finalement, tout le monde nous conseille de faire demi-tour et de rentrer à Tata, d’autant plus qu’il reste encore sept kilomètres à parcourir avant de retrouver la route goudronnée. On me guide pour faire demi-tour et nous voici repartis en descente.

     Après un arrêt pour constater que j’ai un bel hématome 5 cm au-dessus du genou, mettre de l’hémoclar et se réjouir que l’articulation n’ait pas été touchée. Après avoir traversé à nouveau ce si beau village, Gaby cherchant un autre itinéraire localise Tagmoute sur la route d’Igherm. Nous nous sommes complètement trompés dés la sortie de Tata et effectivement la route que nous avons prise n’est pas praticable pour un camping-car. Nous retournons donc à Tata (plus de 50 km) et là, nous déciderons d’y passer une nouvelle nuit ou de prendre la bonne route qui passe par Akka pour mener à Amtoudi.

     Il est plus de 13 heures lorsqu’un gendarme nous indique la sortie en direction d’Akka et nous nous y engageons.

 

 

     En effet le Routard a raison, la route est bien goudronnée, assez droite et rapide : avec toutefois un inconvénient : il est impossible de se croiser sans mordre sur le bas-côté caillouteux qui est en dénivelé plus ou moins important et agressif pour les pneus si on roule à vive allure. Le paysage, lui, est beaucoup plus aride et monotone que celui de notre fausse-bonne route.


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     Nous faisons une pause-déjeuner à l’ombre près d’une petite épicerie d’Akka. Quelques jeunes enfants viennent d’abord nous réclamer des bonbons des stylos, nous font des grimaces jusqu’à ce qu’un adulte vienne les chasser.

Une demi-heure de route plus tard, nous apercevons un mètre en contrebas à gauche de la route une camionnette rouge les roues en l’air et à côté un entassement de bagages. Je m’arrête, m’adresse de loin à un homme jeune debout près du véhicule. Il me fait signe de me rapprocher. Je vois alors deux autres jeunes gens assis à l’ombre de la camionnette renversée.

 

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     Je leur demande s’ils sont blessés et s’ils ont besoin d’un quelconque secours. « Non, merci, tout va bien » me répondent-ils . A voir les traces de freinage et un pneu déchiqueté, je suppose qu’ils ont éclaté en se rabattant trop vite face à un camion. Ils sont sortis de la chaussée et ont abouti dans le sable un mètre plus bas. Leur véhicule est en piteux état, mais ils s’en sont tirés sains et saufs. A nos salutations respectives l’un d’eux ajoute : "Roule doucement, m’sieur ". Merci du conseil.

 

 

        Une heure supplémentaire de route et voici sur la droite à quinze mètres de la route une voiture accidentée, un tas de bagages sortie et quatre personnes à côté. Nouvelle sortie de route dont témoignent des traces de pneus qui traversent la chaussée. Je ralentis, demande s’ils veulent de l’aide, fais le geste de téléphoner. Apparemment eux anon plus n’ont besoin de rien, ils me font des signes rassurants et d’ailleurs une camionnette marocaine s’arrête puis repart aussitôt.

 

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Portes du camping-hôtel à Amtoudi


Après deux embranchements manqués, (c’est le jour approximations routières), nous parvenons vers 17h30 au bout de l’asphalte à l’auberge-camping d’Amtoudi, dans un environnement naturel qui nous enchante. Le vent souffle fort, on nous conseille un emplacement relativement abrité, Gaby cuisine des coquilles Saint-Jacques… Fin de soirée délicieuse pour finir un épisode agité.

 

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