Ouarzazate
Samedi 21 avril
Camping Ouarzazate.
Nous sommes au petit déjeuner vers 10 heures lorsque sort d’une petite tente voisine un couple de jeunes gens. Ils sont Polonais et parlent très bien anglais car ils ont travaillé comme serveurs à Londres. Je leur propose d’utiliser notre table et nos chaises. Arrive alors un homme d’une trentaine d’années qui se présente comme l’adjoint d’un réalisateur de films qui cherche des figurants. Ce n’est pas moi qui l’intéresse mais le jeune polonais pour jouer le rôle d’un JI américain en Afghanistan. Pendant qu’ils discutent, j’astique mon VTT et huile la chaîne.
Me voici parti pour le centre-ville assez désert ce samedi midi. J’arrive près du marché et des boutiques d’articles artisanaux. Dès l’entrée, un jeune marchand m’interpelle et me demande si je troque mon vélo. On boit un thé, on regarde les colliers qui m’intéressent mais il en veut un prix trop élevé, je ne discute même pas. Chez le voisin, les prix me semblent plus raisonnables mais il faut plus d’une heure de discussions pour que nous nous mettions d’accord. Mon vélo, deux vieux téléphones portables + un paquet de dirhams et nous nous tapons dans les mains après trois simulations de départ de ma part ; j’ai un très beau collier berbère en argent.
Un collier contre un VTT
Je m’apprête à rentrer lorsque le premier marchand m’interpelle à nouveau. D’après lui, il n’est pas plus cher que son voisin, nous nous sommes mépris sur le poids des colliers. J’accepte une nouvelle négociation. Prix de départ plus raisonnable mais il ne me reste à troquer qu’un téléphone portable avec bloc chargeur. Le marchand essaie une carte SIM, l’appareil semble n’accepter qu’un opérateur français. C’est mal parti. Je sors un Tee-shirt de mon sac à dos. Mon interlocuteur réessaie le portable : il trouvera un ami pour le débloquer. On s’approche d’un accord. Quelques palabres encore et j’obtiens une réduction de 200 Dirhams. Je n’ai plus qu’à rentrer au camping en taxi, mon sac à dos un peu allégé, mais rapportant deux colliers que Gaby trouve aussi très beaux.
Orage à Ouarzazate
Nous déjeunons vers 14 heures avec l’intention d’aller visiter la ville et de nous connecter à Internet dans l’après-midi, tandis que nos jeunes voisins sont partis aux célèbres studios de Ouarzazate. Mais bientôt le ciel se couvre et un violent orage éclate, cinq minutes de gros grêlons puis une pluie battante. Nous avons juste eu le temps de rentrer nos principales affaires et de ranger dans notre camping-car le linge que les jeunes Polonais avaient étendu dehors. Ce n’est pas une brève averse et nous avons cru avoir la chance de nous installer bien à l’ombre sans remarquer que nous étions en contrebas du terrain… Et bientôt l’eau monte et stagne, la tente s’affaisse, l’eau y pénètre de 5, 10 cm. Gaby craint que nous soyons nous aussi menacés. Je commence par la trouver pessimiste, mais bientôt notre natte flotte et des casseroles sorties de la tente surnagent. Je décide alors de sortir débrancher notre rallonge électrique sous la pluie battante et de l’eau jusqu’aux chevilles.
Sauve qui pleut !
Nous déplaçons sans difficulté le camping-car sur la partie plus élevée qui reste sèche en abandonnant sur place la natte, notre table extérieure et les ustensiles de cuisine que nous y avions laissés. La pluie se calme un peu par instants et des employés du camping viennent chercher la tente des Polonais toujours absents pour la mettre au sec. Pour ma part, je vais récupérer un de leurs tee-shirts et quelques ustensiles de cuisine qui étaient sortis de leur tente et qui partent à la dérive. J’en profite aussi, le pantalon retroussé, pieds nus dans mes chaussures et une serviette sur la tête pour rapporter ma rallonge électrique. Une nouvelle sortie plus tard, je rapatrie notre table et notre cocotte-minute puis enfin la natte. Vers 19 heures tout est sauvé des eaux et nous allons pouvoir déguster la pastilla que nous avons commandée, avec en prime petits gâteaux et thé au dessert.
Il est maintenant 21 heures 30 et de petites averses persistent, entrecoupées de brèves accalmies. Nous n’avons pas de nouvelles des jeunes Polonais, mais tout leur matériel a été entreposé dans une salle près de la réception et on nous a promis qu’ils pourront dormir au sec.
Pour une journée qui promettait d’être ordinaire, on est servi.
Demain, c’est sûr, nous serons encore à Ouarzazate.